Quand le soleil fait un clin d’œil à Noer

Quand le soleil fait un clin d’œil à Noer

En suivant les contours de la mer Baltique sur une carte du Schleswig-Holstein, on tombe sur deux villes. D’une côté, il y a Kiel, la capitale du Land connue pour son canal. De l’autre, Eckernförde, au nord-ouest, moins connue mais plus charmante à mon goût.


La plage de Eckernförde, un véritable nid à touristes en été mais so cute !

Entre les deux, une péninsule dessine une belle courbe. Une ligne délimitant le bleu de la mer et les mamelons vert jaune des grands champs. Son littoral est fait de bandes de sable et de falaises. Un paysage très caractéristique de la Baltique dans cette région.

Comme Schwedeneck, son voisin de quartier, Noer a l’avantage d’avoir les deux. Cette côte, je l’ai déjà présentée dans la tourmente. Cependant, comme l’être humain a une nette préférence pour les paysages ensoleillés et que je trouve cet endroit vraiment très chouette, je vais corriger un peu le tir et dans cet album-photos, je vous montre Noer sous un ciel bienveillant. Juste au moment où le soleil a fait un charmant clin d’œil en fin d’après-midi.

Je le dis tout de suite. Le village minuscule de Noer ne vaut pas le voyage. Il y a bien un joli châtelet qui sert aujourd’hui de centre éducatif mais sinon, rien de quoi faire de la pub. Les touristes y viennent pour le calme de la plage. Ils savent que la péninsule du Dänischer Wohld est moins submergée de monde que les alentours de Lübeck ou de Eckernförde en été et ils ont choisi ses campings un peu retirés pour se reposer.

Pour ceux qui aiment la randonnée sportive, sachez que le Sentier européen E1 passe à Noer.


Les ailes dans le vent

Quand le soleil vient faire un clin d’œil à Noer, il éclaire les belles choses de la vie :

— la mer Baltique qui se met à scintiller et à clignoter
— les cimes des arbres qui chapeautent la falaise
— les petites langues de sable qui s’amusent à s’enfoncer dans les vagues

Le must, c’est quand le vent est de la partie. Alors, les surfeurs tracent sur les vagues en faisant des zigzags et décollent un peu de temps en temps avant de reprendre leur course dans la baie de Eckernförde et la danse de leurs voiles anime le ciel bleu.

Dès qu’il y a du vent, il n’est donc pas rare de voir une vingtaine de petits arcs-en-ciel fugaces papillonner au bord de l’eau.



La Playa del Sol

L’accès à la plage de Noer se fait à pied (le parking est dans l’impasse appelée Zum Hegenwohld) en suivant un sentier qui longe un petit camping privé. On se trouve alors devant une mer assez ouverte puisque la baie de Eckernförde a l’avantage d’être large. A cet endroit, le sable est fin et la grève recouverte de tout petits cailloux ronds. C’est ici que vous trouverez les kitesurfeurs.

Noer fait partie des « Naturstrände » de la Baltique, donc le sable est truffé de pierres et de silex arrondis par le roulis des vagues. La plage est bordée d’une petite zone dunaire derrière laquelle on devine les emplacements. Vides en ce moment car les campings sont fermés. Tout comme les chaises en plastique qui attendent des paires de fesses fatiguées ou des causeurs.

Des herbes ont été plantées dans le sable. D’ici quelque temps, elles créeront de nouvelles dunes.



La falaise

En marchant vers l’ouest, la plage devient de plus en plus étroite et caillouteuse. C’est à cet endroit que la falaise commence. Dans l’eau ou sur un rocher, quelques pêcheurs jouent avec leur moulinet en espérant leurrer une truite de mer qui passe.

Parfois, il faut escalader des arbres couchés sur la grève car il n’est pas rare qu’un hêtre ou un saule glisse de la falaise lorsqu’un bloc d’argile ramolli s’effondre sur le sable.

Alors qu’à Stohl, la falaise est dénudée, celle de Noer est boisée. Au printemps, on entend les piverts dans les bois. Et même un grand Duc assez bavard.



Prendre de la hauteur

Se promener le long de la falaise est un délice pour les yeux — surtout quand on combine sa rando avec un petit tour de drône (à faire en hiver pour ne pas déranger la faune).

D’en haut, surtout avant que les arbres ne verdissent, on peut admirer une bonne partie de la baie.



Les paupières mi-closes

En repartant vers le parking de Noer, on a le soleil dans le dos mais chaud au cœur devant toutes les lumières kitsch qui font rougir le sable et qui enveloppent l’horizon d’une vapeur indéfinie.

Les surfeurs se changent dans leurs bus, le matériel est rentré. Fini.

Un dernier coup d’œil vers Lindhöft qui se baigne dans l’or du soleil couchant. Trop kitsch ! Trop sympa !

Il ne manque plus que quelques degrés, une petite glace ou un bon bain. Bientôt … Yeah !



A droite — à gauche — en haut — en bas

En vous dirigeant vers l’est, vous tomberez sur la dune boisée de Noer qui fait partie du réseau NATURA 2000 et sur la jolie plage de Grönwohld. Ensuite viennent la plage de Surendorf et, plus loin encore, la falaise de Schwedeneck.

De l’autre côté, vers l’ouest (donc vers Eckernförde), vous pourrez atteindre Aschau et sa baie des cochons.

Sur la carte du Schleswig-Holstein, vous verrez aussi quelques zones de forêts. Pas étonnant car il y a mille ans, le « Dänischer Wohld » (la ‘forêt danoise’) était encore recouvert d’une forêt touffue qu’on appelait la ‘Forêt de Fer’ ou ‘Isarnhoe’ en ancien saxon — un lieu mythique et sauvage où presque personne ne s’aventurait. Ni les Saxons, ni les Danes, ni les Slaves. Personne. Il y avait tellement d’arbres que d’après la légende, un écureuil pouvait aller d’une ville à l’autre sans poser son pied par terre. Comme un petit Tarzan !

Aujourd’hui, la plupart des arbres ont disparu et le Dänischer Wohld est axé sur l’agriculture et le tourisme vert. Vous trouverez des restes de cette forêt à Schwedeneck et à Felm.