« même pas peur » — Noer dans la tourmente

« même pas peur » — Noer dans la tourmente

même pas peur du vent et des bourrasques  
qui flanquent des gifles aux arbres branlants 
et qui les violentent sur la falaise
même pas peur du gros marteau de pluie 
qui écrase l'horizon noir 
contre l'eau craquelée de la mer
même pas peur des giboulées de mars 
qui mitraillent la croûte de sable
drues comme des lances
même pas peur des vagues 
qui grisonnent en se déchirant au loin 
et qui se jettent sur la grève à bout de souffle

Sur le côté, un mur de glaise 
s'est écroulé et fond entre les pierres. 
Les membres décomposés, il disparaît 
dans les Enfers de la falaise, 
se dissout dans un Nirvana d'argile.
Il va vers son destin.

même pas peur des herbes hérissées 
qui sortent leurs griffes 
en se tordant dans les dunes
même pas peur des grincements 
de la forêt qui se débat 
dans le supplice de la tempête
même pas peur du vide 
qui plonge de la falaise et aspire 
les arbres du belvédère
même pas peur du froid cinglant 
qui gèle mon nez, recourbe mes cils, 
raidit mes doigts, engourdit mes pensées

Tout en bas, un arbre tombé de haut 
patauge dans la boue et cristallise sa sève.  
Les branches tendues vers le ciel, il s’envole vers le Paradis des hêtres. 
Il brandit ses racines vers son Valhalla, ne crisse plus. 
Il a accepté son destin.

qui engourdit mes pensées et les libère 
car en fait, à bien y réfléchir,  
dans le moment présent,
même plus peur qu'il dure encore, 
cet arrêt sur image,  
ce manque de vie
même plus peur du surplace 
pour peu que la nature soit là avec ses variants 
et qu'elle mute vers une nouvelle saison
même plus peur 
tant qu'elle me fait oublier un peu 
la solitude, l'inertie, les cercueils du monde

En plein milieu, un gros caillou inerte 
gît parmi les autres. 
Impassible, stoïque, il repose  
dans son Olympe de pierres.
Il laisse couler, 
entouré de ses échansons. 
Il suit son destin.

Je me promène et j’attends que ça se tasse. Et comme je ne suis pas Mimi Cracra, j’ai un peu peur quand même. De tomber malade, de contaminer quelqu’un, de l’ennui des prochains temps.

Je fais attention, je vis au ralenti, j’appuie sur avance rapide dans ma tête. Et j’attends que le grand destin bouge ses fesses. C’est un peu paradoxal mais bon…

Je regarde les mouettes et les kiteurs jouer dans le vent et je prends patience. Elles vont bien finir par arriver, les bonnes choses : le printemps, le vaccin pour tout le monde, la France, les petits câlins avec maman et la fiesta entre amis. J’ai hâte.



Entre Noer et Lindhöft

Quand on a le vague à l’âme, Noer est toujours un bon plan. On y trouve le sable blanc d’une plage un peu sauvage, des herbes folles qui poussent sur de toutes petites dunes, les hauteurs d’une falaise, une forêt où vit un Grand Duc assez bavard au printemps, des kiteurs intrépides et un vrai caprice de couleurs.

Pas dur, il suffit de suivre la côte, de se laisser aller et de décompresser.

Noer, c’est …
Nuancer ses craintes
Oxygéner ses poumons
Espérer au mieux
Rester positif



Version beau temps

Evidemment, par beau temps, la côte de Noer qui se trouve entre Kiel et Eckernförde est encore plus sympa à parcourir. Voici donc quelques impressions et un petit album-photos.