B comme Bärlin

B comme Bundestag

Quand on fait sa demande au Bundestag pour assister à une assemblée plénière, on ne sait pas qui parlera de quoi. Il y a bien un calendrier des séances mais les urgences et aléas de l’actualité chamboulent parfois les programmations. Aussi, je ne savais pas que j’écouterais le fameux discours d’Angela Merkel sur les conditions d’accueil des réfugiés lorsque je m’installai dans les tribunes en septembre 2015. Ce jour-là, que d’observations!

Par exemple, vous avez probablement remarqué que certains lieux ont une influence directe sur le comportement. Au Bundestag, rien qu’en arrivant près de la salle plénière, on se sent happé par l’ambiance feutrée des tapis absorbants et des murs tamisés. On se fait automatiquement discret comme le personnel en uniforme et les auditeurs déjà installés. Une fois assis, interdiction de parler, de se pencher, de se lever. On est tout ouïe et on observe.

On observe quoi au juste?

D’abord, il y a le panneau numérique indiquant l’ordre du jour et du coup, on sait aussitôt qui est au micro. On connaît son nom, son parti, le thème de son discours et son temps de parole. On sait même qui va lui succéder. Ensuite, en face, on voit les « Grands », c’est-à-dire le président du Bundestag, la chancelière, ses ministres et les secrétaires et en-dessous des tribunes, il y a nos représentants, les députés, répartis dans la salle selon leur orientation politique.

Vous avez probablement remarqué comme il est dérangeant de parler dans le vide et d’avoir l’impression que personne n’écoute. Donc, difficile de ne pas froncer les sourcils lorsqu’on observe que tout ce petit monde en bas est occupé à tripoter à son téléphone ou à sa tablette à l’affût des dernières nouvelles ou même se promène dans l’auditoire pour discuter avec un ou une collègue. Les principes habituels de bienséance semblent abrogés. La chancelière elle-même tapote sur son téléphone, discute avec un de ses voisins, reçoit de la visite d’un ministre. Elle appuie sur un bouton et quelques secondes plus tard, une porte secrète s’ouvre sur le côté. Vient alors une femme en costume avec un petit plateau en argent et un verre d’eau. Lorsque Angela Merkel prend la parole, je m’attends à ce que tout le monde laisse ses appareils de côté par respect pour la grande dame mais non! Cela semble normal. La discussion qui s’en suit est intéressante, elle respecte le protocole mais se fait sur un ton acerbe. Les partis sont clairs, les propos courus d’avance et je n’observe pas de vraie communication ni de rapprochement, de: « Vous avez raison mais avez-vous pensé à ceci? Essayons de régler le problème ensemble! » Tout le monde semble fidèle à son rôle. Une arène, un théâtre.

Maintenant, gagnons de la hauteur. Montons un étage plus haut, à l’assaut de la coupole et observons ce qu’il se passe vu du dessus. On peut jeter un coup d’oeil sur ceux qui discutent en bas de notre avenir puisque le toit est transparent mais il vaut mieux plutôt s’imprégner de Berlin. Et espérer que les représentants du jour montent de temps en temps pour se souvenir pour quoi et pour qui ils sont là et qu’ensuite, ils redescendent s’installer dans leurs sièges, l’esprit ouvert, le coeur à l’ouvrage.

B comme Bär

Dans le quartier historique appelé Nikolaiviertel, il y a une autre assemblée à voir. Il s’agit cette fois-ci d’un groupe bien plus sympathique: des nounours en peluche assis l’un à côté de l’autre, parfois sur une chaise.

Il faut dire que l’ours est le symbole de Berlin depuis le XIIIe siècle et que le Berlinois a une relation particulière avec cet animal. Le nom Berlin vient vraisemblablement du slave (‘Berl’ voudrait dire ‘marécage’) mais l’étymologie populaire aime y voir le substantif germanique ‘Bär’ qui signifie ‘ours’ et explique que la deuxième moitié du toponyme serait le suffixe -lein qui sert de diminutif.

Ainsi, vous comprenez peut-être mieux maintenant pourquoi il y a autant d’ours dans la capitale, pourquoi jusqu’en 2015, Berlin avait un chenil pour Schnute, la dernière ourse symbole de la capitale et pourquoi un ours en or (Goldener Bär) est attribué tous les ans aux meilleures prestations cinématographiques pendant les Berlinales.

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