Balade au Far-Est: Le parc national du Darß

Suivez les contours de la côte baltique sur une carte et vous verrez que celle-ci fait un grand virage vers l’est à partir de la ville hanséatique de Lübeck. C’est à peu près là que s’arrête le Schleswig-Holstein et que commence un autre Bundesland, vaste et plat. Il s’agit du Mecklembourg-Poméranie-occidentale. Vient alors, avant que n’apparaisse la frontière de la Pologne, un agglomérat d’îles et de presqu’îles aux noms parfois étrangement longs ou aux consonantes slaves. C’est là que je vous convie d’aller en balade, à la découverte du Far-Est ou du Phare-Est, c’est selon: sur la péninsule de Fischland-Darß-Zingst qui est magnifique.

Sur la presqu’île, il y a de quoi faire et surtout de quoi se pâmer devant la beauté du parc national. A vous de décider parmi toutes ces activités. Au mieux, je vous dirais bien de tout faire parce que tout est splendide!

La plage de long en large et en travers

Une nécessité absolue, c’est de longer la plage de sable fin blanc à partir de Prerow à la recherche d’ambre et de coquillages. Entre deux, on peut rêver, assis à l’abri du vent, dans un des fauteuils de plage, ou près des dunes herbeuses en contemplant le ciel, la mer et les oiseaux marins qui picorent le long de la grève.

Prerow, c’est une invitation à la rêverie.
Prerow,c’est une invitation à la recherche d’ambre et de coquillages.
Prerow, c’est une invitation à marcher sur les vagues.

Le petit port de pêche de Darß

Si vous longez la côte en direction de Darß, vous entrerez automatiquement au coeur du parc national (la « Kernzone »). Le coeur chavire et vibre de romantisme devant les beaux bateaux en bois cachés dans les herbes hautes du petit port de pêche de Darß. Calme absolu! Même les touristes en vélo deviennent tout calmes. C’est contagieux!

Les barques de pêcheurs somnolent entre les roseaux.
Le petit port de pêche de Darß rayonne de couleurs en plein coeur du parc national.
Sérénité complète pour tout le monde. Le temps semble figé.
Cette chouette sur fond jaune indique que nous entrons dans la zone principale du parc, celle qui est la plus protégée par la loi.

Au niveau du port de Darß, vous pouvez entrer dans les roselières en prenant les platelages. Alors, laissez-vous bercer par le bruit des roseaux et des aulnes et allez ensuite à la recherche des arbres tordus par le vent qu’on appelle en allemand les Windflüchter, donc les « fuyeurs de vent ».

Marcher sur les platelages dans une mer de roseaux, c’est magique. Les nombreux canaux d’eau saumâtre permettent aux oiseaux migrateurs de vivre en toute tranquillité.
Forêt costale du parc national

Le phare de Darß

Heureusement que le paysage magnifique et la nature changeante sont là pour faire patienter car pendant cinq kilomètres, on sait qu’on est en direction du phare de Darß mais ce n’est qu’au dernier moment qu’on le voit, ce beau phare tant attendu.

Construit en 1848 au nord-ouest de la péninsule pour prévenir les bateaux des hauts-fonds de la Darßer Schwelle, il fait partie des plus anciens d’Allemagne. De nos jours, il abrite un petit musée appelé le Natureum dédié à la mer Baltique et ses spécificités.

Du haut du phare, on voit bien les différents bâtiments servant au stockage des vivres et des combustibles.

Une maquette sur le chemin qui mène vers la plage explique que ce phare était à l’origine au bord de la mer et qu’il risque de disparaître dans quelques décennies. Se trouvant à l’endroit où le vent et les vagues poussent le sable en direction de Prerow, ses fondations seront menacées.

Attention! Le musée étant situé en plein coeur du parc national, on ne peut pas y accéder en voiture. Par contre, la presqu’île est connue pour être très vélophile et vous trouverez des locations de vélos dans presque tous les petits villages de ce cordon littoral et des lagons. Sinon, un petit train et des charrettes tirées par des chevaux de trait vous aideront à aller dans les coins retirés du parc. Par chance, leur terminus se trouve juste devant le phare.

Je conseille aux amateurs de randonnées ou de promenades de longer la mer sur quelques kilomètres, de traverser le pont en bois au niveau du port de Darß. Ainsi, vous pourrez marcher dans une mer de roseaux et dans une forêt costale des plus romantiques avant d’arriver au phare de Darß.

Arrivé là, vous pouvez monter les 134 marches si le courage et les muscles le permettent encore. Ceci est possible dans le cadre d’une visite du petit musée Natureum. L’entrée est payante mais ainsi, vous pouvez profiter du panorama magnifique.

L’ascension est sportive mais vaut la peine, surtout par beau temps.
Si la vue est claire, on voit même les îles danoises.

Dans l’enceinte du musée, vous pourrez également prendre un petit remontant dans le café qui se trouve dans un des bâtiments contigus au phare.

Le retour peut se faire à pied par les bois, à la découverte des arbres mutilés par les anciennes récoltes de résine. Si vous en avez assez, évidemment, rien ne vous empêche d’attendre le petit train ou la charrette qui vous emmènera en direction du parking. enfin, ceux qui veulent découvrir la presqu’île en vélo trouveront des parcs à vélos devant le phare. Tout est prévu pour une visite sans voiture.

Camping dans les dunes

Du temps de la guerre froide, lorsque l’Allemagne était séparée en deux Etats distincts, Prerow faisait office de Majorque de l’Est ou de côte d’Azur de Poméranie. Rien qu’au camping qui se trouvait dans les dunes de sable fin, plus de dix mille Allemands de l’Est y plantaient leur tente, serrés comme des sardines, mais heureux d’avoir eu une carte d’autorisation, d’avoir une place au soleil. D’ailleurs, aujourd’hui encore, Prerow est le seul endroit en Allemagne où il est permis de camper dans les dunes.

Sable blanc et et dunes pleines d’herbes sur des dizaines de kilomètres de Prerow à Zingst.

Il faut donc s’imaginer l’effervescence du lieu: Des dizaines de milliers de touristes, six rangées de campements, des boites de nuit à profusion, en tout vingt fois plus de touristes que d’habitants. Et une vague de nudistes à partir de la fin des années 1940 que le gouvernement finit par tolérer, faute de ne pas pouvoir interdire cette liberté de corps. Le FKK (Freikörperkultur, littéralement « culture du corps libre/nu ») est toujours et encore admis à cet endroit même si la zone de FKK indiquée par des panneaux a été restreinte après la réunification.

Coucher de soleil. Un petit air de bohème souffle dans les dunes.

Articles complémentaires:

Liens utiles:

Laisser un commentaire